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La Randonnée des 8 villages, à 8 roues      Dimanche 9 mars 2014, à St Maur
Chapitre 3
Nous passons devant l’école Bled dont la fréquentation remonte à 1879 et débouchons sur la place  d’Adamville-Kennedy. En 1860, François Adam fait construire une chapelle pour sa famille et les gens du  quartier. L’essor du quartier la transforme en paroisse. On peut admirer en ses murs un monument en  marbre représentant François Adam drapé, tenant dans la main le plan d’Adamville.  Comme tout va bien,   nous délaissons, le fondateur d’Adamville pour nous aventurer dans le quartier artisanal de La Pie où  nombre des artisans du faubourg saint Antoine chassés par les constructions du baron Haussmann ont  élu domicile. Ce village doit son nom à la ferme de la pie où nichait une multitude de ….bien essayé  !........passereaux ! La fatigue commence à se faire sentir. Un arrêt s’impose en haut de la passerelle de la Pie et sa très jolie  vue. Perrine et Christine vous le confirmeront si vous les lancez sur le sujet ! Cheeeeese, Clic Clac, c’est  dans le sac. On repart par la rue Vassal. Et lui aussi, on lui dit MEEERCI ! Car sans lui on ne pourrait pas bénéficier de  notre très lumineuse salle verte criante de modernisme. Et oui, en 1916, Phileas Vassal, notaire décède et  lègue à la ville une très belle propriété de 4 ha à condition qu’elle l’utilise pour la jeunesse. En 1920, la ville  confie à Adolphe Chéron la mission d’en faire un stade. En parlant de jeunesse, Jérôme chargé de kryptonite n’hésite pas à stopper net un autobus pour faciliter le  passage de notre cortège.  Virage à bâbord négocié sur le boulevard du général Giraud, l’ancien boulevard de la Pie, voie qui suivait le  très ancien chemin qui menait au hameau de Saint-Hilaire. On passe devant le cimetière. Je m’autorise à troubler la tranquillité du lieu car je ne peux passer sous silence le fait que lors des fouilles de 1887, des restes de Mammouth furent retrouvés près du cimetière  et dans  une carrière à sable située un peu plus loin rue Delerue. Nous convoyions prestement rue Bourdignon du nom du légataire qui fit don d’une somme d’argent et de 2  immeubles (actuel 84 rue du Pont de Créteil), croisons rue du chemin vert la boite aux lettres rouge offerte  par la ville anglaise jumelle, Bognor Regis. Place Diderot, le marché bat son plein. Les plus curieux accèdent à la statue « l’arbre à lumière » de Claude Quentelo dont l’atelier se trouve à La  Varenne.   Au pied, cette très jolie citation :  « Tant qu’il y aura des hommes et des femmes, des enfants et des arbres, le rêve sera toujours et l’envie demeurera de se hisser pour voir au loin, découvrir la vie avec sa lumière d’espoir et de Bonheur » Rue André-Bollier nous profitons de l’asphalte de trottoirs bien lisse. Se dresse sur notre passage le lycée  d’Arsonval, 1er établissement en région parisienne à préparer les candidats aux écoles d’arts et métiers.  L’établissement intègre en 1929 une section chimie qui devient un de ses fleurons.
Virage à tribord, rue des remises par laquelle nous franchissons le quartier Saint-Maur-Créteil. Cette rue évoque les taillis et broussailles où le gibier pouvait se réfugier. Dominant le parvis de la gare, la statue « La cueillette » de Pierre Lagénie évoque « le lien humain entre le métro et le marché ». Ah ? Quelle drôle de passerelle ce lien humain ! Perso, je préfère l’affluence du marché à celle du RER A aux heures de pointe. Mon organe olfactif est très réceptif : dans l’un, ça fleure bon, dans l’autre ça puire. Le parvis devient rapidement notre terrain de jeux : Montées, descentes   puis Jérôme, Luc, Jean-Baptiste se livrent à une série de sauts tandis que Carole tressaute sur les marches d’un escalier sous nos regards contemplatifs.  Dépêchons-nous ! Dommage la devanture de la Griffe noire foisonne d’affichettes colorées et de commentaires racoleurs qui méritent qu’on s’y attarde ! Respectons quand même les feux de circulation. En attendant avez-vous remarqué la petite croix ornementale sur le fronton du café la Croix-Souris? Elle rappelle la présence de la place Croix-Souris sur laquelle une grande croix en bois marquait l’emplacement probable d’une ancienne nécropole mérovingienne.  On passe devant le lycée Marcellin-Berthelot, 1er lycée mixte de France. Les murs ont vu passer Sedar Senghor, Pialat, Rochefort, Bambuck, Marthe Mercadier, Vanessa Paradis, Tony Parker, Henri Leconte, Jean Galfione, Teddy Riner et peut-être vous ?
Le vieux-Créteil, le quartier historique avec sa butte culminant à 50 mètres. C’est ici il y a plus de 2000 ans que  chassaient et pêchaient les premiers occupants.  Plus tard, lorsque les Parisii fondent Lutèce, ils y créent un  avant-poste. Lorsqu’ils sont inquiétés par les troupes de César, ils regagnent les hauteurs. Et c’est en  commençant l’ascension par la rue du Four qu’on mesure que ce lieu devait représenter une défense efficace  contre les agressions extérieures. Cette place forte qu’il nous faut à notre tour assaillir si l’on veut prétendre  aux victuailles ! La faim justifiant les moyens, nous mettons notre reste d’énergie à gagner le sommet de la  bourgade. Le site est chargé d’histoire mais nous manquons de temps pour évoquer l’abbaye et son rayonnement  européen, le château de Condé et les fêtes et chasses qui y étaient organisées, l’église Saint-Nicolas patron des  mariniers et l’un des 7000 obus tombés sur saint-Maur qui pénètre le clocher sans éclater …Peut-être un parmi  les nombreux miracles qui touchèrent ce hameau ? Hormis nous, quelques ruines subsistent : la tour Rabelais, le chevet de la chapelle Notre-Dame des Miracles, la  villa Bourrières ou encore d’anciennes fortifications. Encore un peu de courage, on y est presque ! Place des armes qui avait comme son nom l’indique vocation  militaire. Dès le moyen-âge on y passait les troupes en revue. On vous épargne la nôtre car un peu fourbus tous  nos vaillants soldats ne sont pas aptes à se redresser pour passer au garde à vous. Et puis on s’intéresse déjà à  la statue de Mélanie Quentin qui représente Tati et son neveu.   Vous n’êtes pas sans savoir qu’en 1956, Jacques Tati tournera 8 mois durant Mon Oncle. Ne cherchez pas la  maison de M. Hulot, il s’agit d’un décor rapporté sur la façade d’un l’immeuble.
12H25 Corne de bouc ! Ne reste plus qu’ààààààààààààààààààààà  dévaaaalller une bêêêêêlle pente bien raiiiiiiide pour rejoindre la maison de retraite si paisible. J’y vais, je n’y vais pas ? Moi ce que j’en dis c’est qu’il serait dommage de rebrousser chemin si près du but. Après de savants calculs pour mesurer l’axe d’inclinaison, la prise de risque : vitesse est égale à distance divisée par temps. Tout se mélange, tout est confus.  Le temps on n’en a plus, la distance est bien heureusement très courte mais semble tellement longue et la vitesse, on préfère ne pas en abuser dans ce genre de situation. L’instinct de survie transforme la randonnée : ça déchausse ou ça rampe. Quelques chaussettes et genoux sont élimés. Finalement, c’est la valeur temporelle qui prévaut. Ça prendra le temps que ça prendra…                      et nous voilà tous en bas.
Après tous ces efforts, reste à nous diriger vers la maison de retraite pour mangeailler. Nous sommes accueillis et installons quelques plots pour divertir les résidents qui trépignent dès notre arrivée et nous manifestent un très vif intérêt.   Nous leur offrons un spectacle de qualité. Poussés par leur motivation à jouer de la fourchette, nous redoublons de croisées avant, arrière, de Wheeling, de sauts, de mexicaine, de serpents et figures en tout genre. Toute cette fulgurante démonstration, ça donne soif. Et cette chaleur n’est pas sans rappeler la sécheresse de 1137. Le clergé eut l’idée de porter le corps de Saint-Maur en procession pour invoquer la pluie. Christine, bien avisée,  a celle de nous apporter des breuvages et nous profitons de ce moment de détente pour valider collectivement les réponses du quizz . Formidables, fooooormidables, nous   étions formidables, pas du tout minables… Petite digression, pas pu m’en empêcher, revenons au sujet avec Hélène, notre championne en titre, comment oublier ton sourire et tellement de souvenirs….  surtout ceux de très remarquées gamelles !
13h Nous sommes conviés à passer à table. Quelle belle surprise ! Nous bénéficions d’une tablée en terrasse. Et en lieu et place du brouet que mon esprit n’avait pu s’empêcher de concevoir, une ripaille à faire pâlir d’envie Gargantua ! Au menu, salade de gésiers, asperges accompagnées de sauce ciboulette, petits fagots de haricots verts ficelés au lard, cuisses de canard à l’orange et ses pommes noisette, plateau de fromages, corbeille de fruits, yaourts, éclairs et croustillants au chocolat sans oublier la vinasse gouleyante et le petit serré noir. Nous remercions le personnel de cuisine pour ce traitement ainsi que l’attention particulière que la très agréable Malika nous a porté tout au long du banquet. Patrick sous l’emprise du sortilège le lui a bien rendu du reste! Qu’il fait bon vivre dans cette maison de retraite !
Quelques mètres plus loin, nous nous retrouvons devant le Lido dont le terrain a été cédé en 1863 pour 1 franc  symbolique par le fondateur du quartier, François Adam,  à la commune. Théâtre très prisé, dès 1911 les  projections cinématographiques alternent puis évincent les représentations théâtrales jugées trop couteuses.  Avant la seconde guerre mondiale, Saint-Maur compte 10 cinémas. Notez si cela ne vous a pas encore sauté aux yeux que la commune recense un nombre très élevé de rues portant des prénoms. Adam donna le prénom de  ses enfants : Léon (rue Carnot,) Lucie, Joséphine, Aline (rue Baratte Cholet), Léonie à celles qu’il créa.