Marathon de Beauvais 

Samedi 1 mai

 

 

Le marathon de Beauvais ouvre la saison des courses pour le club de Saint Maur.

Les habitués des courses du groupe vitesse: Christine, Marie-Lau, Sébastien et Xavier ont chaussés leurs rollers pour 42 km. Belle course pour chacun d'entre eux permettant de mettre à profit le dur entraînement de cet hiver. Nos deux femmes se sont relayés tout au long du parcours afin d'amener notre vétéran 2, Marie - Lau sur la deuxième marche du podium.

Grande première pour Cécile qui, courageusement , s'est lancée dans sa première course individuelle, le semi - marathon.

Rien ne fait peur à Cécile puisqu'elle décroche,elle aussi une brillante deuxième place.

Voici d'ailleurs, ses impressions recueillies à chaud, en espérant que son témoignage encouragera d'autres

sportifs à se lancer dans une telle expérience et BRAVO Cécile

 

SEMI MARATHON DE BEAUVAIS de CECILE

 

Préparation minutieuse la veille : démontage des roues des rollers pour un graissage afin d’avoir une glisse maximum.

Levée 8h, petit déjeuner sportif : céréales, jus de fruit, thé, pain de campagne fromage frais, jambon, petite musique de Clayderman pour se détendre, j’étais calée pour la journée et zen.

Préparation d’un bidon d’Isostar (boisson énergisante) qui me suivra dans le dos durant la course, Mars, barre de céréales et pâtes de fruits dans le sac, me voilà parée pour une course de 21km qui va durer une heure, et qui débutera à 13h30.

Me voilà partie de la maison vers 10h45 pour 100km avec GPS, itinéraire Michelin imprimé, et cartes routières et la peur de me tromper de routes…Concentration maximum sur la route et la voix tranquille du GPS qui me répète au moins deux fois les instructions (à croire qu’elle sait qui elle a au volant !), pas de monde. Arrivée sans encombre vers 12h30, soleil, nuages et vent, de la pluie annoncée en cours de parcours ambiance bonne enfant avec joueurs de TamTam.  je gare ma vielle BX sur le parking un peu à l’écart pour être tranquille, passage à l’accueil pour la remise du dossard N°211 et de la puce électronique qui enregistrera mes temps.

J’ai le temps de me préparer, de m’avaler un Mars, une pâte de fruit, une barre de céréale et une gorgée d’Isostar j’ai le plein d’énergie et le chrono accroché au pantalon. Je pars tranquillement à la reconnaissance de 3.5 km de trajet  : quelques belles portions où l’on peut vraiment gagner du temps, quelques virages pas trop serrés, pas mal de trous et bosses à éviter, des plaques d’égouts, 300 mètres de bon faux plat montant, et 100 mètres de sol gratonneux avant l’arrivée sous l’arche. Bon, ce n’est pas gagné et c’est long !

Je regagne la ligne du départ où les autres concurrents se sont déjà entassés. Nous sommes à peu près 90, il y aura un départ pour les hommes et un autre différé de 2 mn  pour les  femmes. On y distingue plusieurs équipes avec des maillots sponsorisés, des originaux qui se sont hérissés le casque de piques (normal c’est l’équipe Hérisson !) et quelques égarées comme moi avec toutes les protections de débutant.

Ça y est les hommes sont partis, au moins on ne les aura pas dans les pattes nous disant de nous pousser pour les laisser passer. Deux minutes de stress commencent pour les 32 femmes qui vont s’affronter, et hop, coup de sifflet, les pros s’élancent comme des flèches larguant le reste du groupe qui s’étire, je me retrouve vite larguée dans les derniers. J’en crois pas mes yeux, et me demande au bout d’un demi tour ce que je suis venue faire ici aurai-je surestimé mes capacités ?… je réagis, fais attention au terrain accidenté, je ne veux pas accélérer trop vite car je sais que je ne tiendrai pas. Je cherche autour de moi des équipières à qui je pourrai me raccrocher pour faire un bout de chemin sans trop me fatiguer, je me colle derrière une fille mais finalement elle ne va pas assez vite et je la dépasse, je n’arrive pas à trouver mon égale, je me trouve souvent seule dans l’effort et contre le vent, bon enfin l’arche de l’arrivée et en vue, je pousse un petit sprint pour faire bien devant le public. Je regarde mon chrono : 10’20s, bon c’est un point de repère.

Deuxième tour, les jambes sont chaudes et commencent à se dégourdir, je dépasse certaines concurrentes, j’allonge bien dans les belles portions, je rame un peu dans la côte et maudis mes deux kilos en trop ! J’ai du mal à trouver une coéquipière qui soit à mon rythme alors j’avance dépassant quelques concurrentes ne sachant pas me situer par rapport aux autres, enfin l’arche je sprinte et réussis à améliorer mon temps : 9’56s.

Troisième tour, je commence à souffler sérieusement et me restaure en boisson énergisante, le soleil s’est caché et quelques gouttes de pluie commencent à tomber, au bout de 2 mn le sol est glissant, la galère ! A chaque coup de patin ça glisse ! Les virages se prennent au ralenti certaines parties ne sont pas encore trop mouillées, j’avance le plus vite que je peux, je me dis que je vais faire un temps monstre ! ça va encore à l’arrivée je suis à 10’50s.

Le quatrième tour commence sous quelques gouttes de pluie qui finissent de mouiller la chaussée. Prudence c’est une patinette, dommage pour les performances, mais je me dis que tout le monde est à la même enseigne, la fatigue commence à me plomber les jambes et le dos me tire,  je sens une fille me coller derrière moi, bientôt rejointe par 2 coachs qui la harcèlent de « allez Sandra ! Tu dois tenir !, Tu peux le faire ! T’as le physique ! C’est dans la tête !  Penches toi en avant ! ». Je le prends aussi pour moi et profite de ce coaching, alors moi aussi je me dis que c’est dans la tête même si les jambes sont lourdes à traîner et que j’ai le dos en compote à force de me pencher ! La Sandra je l’entends râler, cracher ses poumons (fumeuse ?!), un paquet de mouchoir dans une main et une bouteille d’eau dans l’autre, n’empêche qu’elle s’accroche la Sandra ! Elle me dépasse et j’en profite pour me laisser trainer un moment derrière elle, mais je mets mon point d’honneur à la coiffer sur la ligne d’arrivée ! 15 s de plus qu’au 3ème tour, ce n’est pas trop mal !

Début du cinquième tour, il ne pleut plus, la piste commence à sécher par endroit car il y a du vent, la Sandra est toujours derrière moi et les coachs aussi (va y Sandra, c’est une place de podium que tu joues !? les autres sont dans le même état que toi ! (ça c’est sûr !) tu vas finir ! tu peux le faire !...), c’est dur ! Le souffle est court, la bouche sèche, les jambes font mal, je pense qu’elle a envie de leur envoyer son bidon de flotte à la figure ! Enfin je la lâche dans les belles portions (meilleure technique peut être ? merci Julien !), j’allonge bien, je me penche, je balance les bras et je joue à la pro avant d’arriver sur l’horrible côte ! J’avance péniblement, j’ai perdu la notion du temps, ce tour n’en finit plus, je ne sais plus si c’est le 5ème ou le 6ème tour, je m’embrouille, Je n’ose pas demander à la Sandra qui m’a recollée et puis j’en ai marre ! Pensant que c’est le dernier tour, je m’arrête après le passage de l’arche : 10’42s….

J’aperçois avec surprise mon équipe de vitesse arrivée pour faire le marathon qui débutera 1h après. Christine qui à l’habitude des courses et l’esprit clair me demande si j’ai bien fait mon dernier tour car si je fais un tour en 10 mn ça ne fait que 50 mn que je roule et que je devais être allée vite pour en avoir fait 6! Je n’ai pas regardé sur le chrono près de l’arche ! Tellement j’étais abrutie de fatigue ! Dans le doute je repars ne sachant pas si c’était un 6ème ou un 7ème tour. Je ne me presse pas trop, rencontrant encore quelques attardées. Je commence à paniquer en milieu de parcours, je force un peu et à un moment je pars dans le mauvais sens rattrapée par un gars de la sécurité ! Allez ! Plus vite… !! Je finis en sprint pensant que si c’est  mon 6ème tour il sera très mauvais et va faire chuter sérieusement mes performances ! En effet au résultat final c’était bien mon 6ème tour ! 12’40 !!! J’ai perdu 2 mn en bavardages (bien utiles ma foi !) et la Sandra qui ne m’a pas attendue, elle est passée devant moi au classement général ! Elle savait compter, elle, et moi pas !!

Elle a fini 14ème et moi 15èmeavec 1’84s de différence ! C’est rageant ! Je ne pensais pas être si bien placée étant donné que je ne rencontrais pas grand monde sur la piste, quelle surprise à la vue des résultats ! D’autre part il y avait un classement par catégorie me classant 2V2F que je n’ai pas interprété…..

J’ai regardé le départ du marathon, beaucoup de pros, chez les hommes et femmes, départ impressionnant, et pelotons formé dés les premiers cent mètres. Dés la fin du premier tour on ressent ceux qui sont acharnés et ceux qui doutent. Au 2ème tour le rythme semble pris je leur souhaite bon courage intérieurement car leur calvaire ne fait que commencer…. Je repars à regret fatiguée, ne voulant pas me retrouver dans les embouteillages autour du stade de France vers 18h avec les footeux. La route est longue, je suis scrupuleusement la voix rassurante de mon GPS tout en pestant d’avoir perdu une place aussi bêtement ! Arrivée à la maison vers 18h sans encombre, je prends une bonne douche bien méritée et lis mes mails vers 20h. J’ai la surprise d’avoir reçu un mail de Christine et Xavier rentrés de leur marathon m’annonçant que j’avais gagné une coupe un parapluie et un paquet de gâteau !!

J’avais fait un podium en tant que 2ème dans la catégorie vétéran ! Dans le groupe il y avait 3 femmes de plus de 50ans ! la 1ère a 63 ans, la 2ème (moi) 51, et la 3ème 56 ans. Alors forcément j’étais sur le podium ! C’est grâce à mon âge (la plus jeune des 3 tout de même !) que j’ai gagné une coupe ! Et oui, qui dit que ce n’est pas cool d’avoir 50 ans ! Je viens de découvrir le privilège de l’âge ! !!

Je suis contente mais un peu déçue car du coup il n’y a pas eu de photo de moi sur le podium, c’est dommage et puis j’aime ça moi la gloire !!  Si j’avais su j’aurais fait l’effort de rester jusqu’au bout ! 

Bon, je récupère mon trophée lundi, et jure de mieux gérer la situation la prochaine fois, foi de vétéran !!

 

 

 

 

 

 

 

 

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